Une crise qui bouleverse, qui engendre questions, angoisse, solitude, et qui a suscité une richesse humaine incroyable ; les collaborateurs se sont donnés à 200 %, et les résidents ont persévéré courageusement.

 

A l’heure où j’écris, nous avons fêté Pentecôte, les dons de l’Esprit Saint ont été nombreux dans ce temps de confinement.

A Cottier-Boys on l’a formulé ainsi « La vie continue à l’EMS. Nous avons à cœur de réinventer une autre façon de communiquer. Nous serons créatifs, la porte est ouverte à toutes les imaginations. »(1)

Les EMS ont eu à cœur de rester un lieu de vie. Nous en avons des traces sur les différents sites des EMS, (journal, photos), dans les articles publiés (2) ; et dans les partages qui suivent.

Mais malgré la technique moderne, la solitude et l’isolement ont été dur à vivre. « Plus de visites des familles et des proches, pas de sorties, plus de prestataires externes : musiciens, coiffeur, podologue, aumônier… Ce confinement n’a pas été évident à vivre pour nos résidents » (3), ni pour les familles.

« Pour les collaborateurs, la priorité a été la sécurité et le bien-être du Résident. La grande chance a été la météo radieuse ; mais cela a été difficile pour tous, et ce n’est pas fini. Cela nous a demandé une très grande implication professionnelle et privée, une surcharge de travail, un changement d’organisation, et une grande force mentale afin de garder le sourire et réconforter tous les résidents » (4) malgré le masque « cache-sourire ».

« Toutes les personnes se sont données à 200% pour le bien-être des résidents ; donations de biscuits, chocolats et fleurs du village et de proches; les soutiens reçus par courrier ; les 23 lettres écrites par des enfants d’une classe de Penthalaz ; autant d’efforts qui auront permis aux résidents de vivre au mieux le manque de leur proches. Grâce à la réactivité de la direction et à l’énergie du service technique, nous avons rapidement pu mettre sur place des moments de retrouvailles tant appréciés. » (5)

Les résidents expriment bien ce qui fut difficile : les craintes concernant le coronavirus, l’ennui de ne plus voir la famille, les tensions. Comme le souligne une résidente : « Nous aussi, nous y avons mis du nôtre ; il a fallu du courage, de la persévérance. » Et M. Flaction, à l’EMS de Penthalaz partage: « Malgré tout, il faut accepter la situation telle qu’elle se présente, suivre les recommandations. Personnellement, ma foi m’aide beaucoup: c’est un support constant. Nous sommes plus forts lorsque nous sommes ensemble ; je pense aux premiers chrétiens, à leur immense foi. Pour nous, nos moments de célébrations m’ont manqués… Maintenant, je me réjouis de sortir un peu, goûter l’air, faire deux pas. Pouvoir revoir ma femme… »

Et l’aumônier ? Ce n’est que début mai que j’ai pu reprendre des visites régulières (mais pas partout) après avoir utilisé les moyens modernes pour garder contact ; « cela été appréciés de tous, nous disons merci à Mme Léchot pour le soutien apporté. » (6) Et Noé le chien visiteur se réjouit de reprendre son job.
Isabelle Léchot, pasteure, aumônier en EMS.

 

Notes

(1) EMS Cottier-Boys, Facebook, 26 mars

(2) Hmag de l’EHNV St-Loup: La vie en EMS, 29 mai et Echo du Gros-de-Vaud : Les EMS du district font front dans le calme et la rigueur, 8 juin.

(3) Edwige Rossier, animatrice à La Venoge, Penthalaz

(4) Maryline Yanef, animatrice à la Fondation Les Châteaux, Goumoëns.

(5) Barbara Carneiro, animatrice à la Venoge, Penthalaz

(6) Edwige Rossier

 

Témoignages

Edwige Rossier, animatrice la Venoge Penthalaz
Depuis le 12 mars, des mesures de confinement ont été imposées par la confédération. Celles-ci ont eu, pour conséquence : plus aucune visite de proches des résidents, pas de sorties, plus de prestataires externes, musiciens, coiffeur, podologue, de visite de l’aumônier Isabelle Léchot et de son fidèle compagnon canin Noé.

Les résidents ont vu les locaux du 1er étage réaménagés afin de respecter au maximum la distanciation sociale. Des mesures qui ont perturbé le quotidien de tous. Ce confinement n’a pas été tous les jours évident à vivre pour nos résidents qui ne pouvaient voir leur famille.

A Penthalaz, nous devions déménager dans les nouveaux locaux à la fin du mois avril. Ce qui n’a pas pu se faire car le chantier a été arrêté, cet évènement a suscité des questionnements, des angoisses car dans un premier temps, nous ne pouvions pas donner une date exacte.

Durant ces semaines de confinement, nous avons été soutenus par notre aumônier Isabelle Léchot, qui téléphonait chaque semaine pour prendre des nouvelles de tous. Elle a écrit des méditations que nous avons lues aux résidents. Pour les fêtes de Pâques, afin que nos résidents se sentent moins seuls, Isabelle Léchot a enregistré une méditation que nous avons pu passer sur la télévision. Son message a été apprécié de tous, nous avons vraiment ressenti qu’elle était là avec nous durant ce moment de célébration. La semaine suivante, dans son nouveau message, elle a mis en avant, la nature avec de magnifiques photos, vidéos de fleurs et de champs de colza, ce qui a permis à nos résidents de voir l’évolution de la nature. Elle a gardé le lien avec des résidents en leur téléphonant.

Depuis le début mois de mai, elle a pu revenir faire des visites auprès de nos résidents. Des visites qui ont fait du bien. Plusieurs résidents ont évoqué à Madame Léchot leur crainte concernant le coronavirus, l’ennui de ne plus voir leurs enfants ou petits-enfants ou la peur du déménagement qui va avoir lieu fin juin.

En conclusion Merci à Isabelle Léchot pour son soutien, qu’elle a apporté tout au long de ces longues semaines de confinement, elle a été une personne de ressource sur qui nous avons pu compter.

Nous nous réjouissons de pouvoir vivre une méditation avec elle dans nos nouveaux locaux.

Merci.

 

 

Barbara Carneiro, animatrice responsable, La Venoge Penthalaz

Cette phase de pandémie aura été riche en émotion, en réflexions et en adaptation constante. Si d’une part le poids de la menace de ce virus aura engendré des moments de questionnement, d’une autre il nous aura aussi permis de vivre des moments très riches ensemble et de découvrir de belles compétences au sein de l’établissement.

Nous aurions pu imaginer que la peur serait l’émotion la plus présente et, pourtant, nous avons eu le bonheur de travailler et de vivre dans un climat plein de bonnes énergies. Toutes les personnes se sont données à 200% pour le bien-être des résidents et bénéficiaires et essayer d’apporter un petit plus qui égaille leur journée. Des donations de biscuits, chocolats et fleurs de personnes du village et de proches des résidents; les nombreux soutient reçus par courrier; les 23 lettres écrites par des enfants d’une classe de Penthalaz à l’attention des résidents; des collaboratrices qui se sont révélées coiffeuses très sollicitées; les efforts de la cuisine pour apporter de la gourmandise au moment des collations; la créativité des animatrices mise à contribution pour passer au mieux cette étape; la présence de l’aumônier, par le biais de textes préparer pour les résidents et par des vidéos, a été très apprécié de tous; bref autant d’efforts qui auront permis aux résidents de vivre au mieux le manque de leur proches. Le moment de l’arrivée des espaces de rencontre aura été décisif pour l’harmonie de la maison. Grâce à la réactivité de la direction et à l’énergie du service technique, nous avons rapidement pu mettre sur place des moments de retrouvailles tant appréciés par les résidents et leurs visites.

Même si tout n’a pas été simple dans cette période, que cela nous a obligé à regarder la vie autrement, j’espère que tous garderons en mémoire cette richesse humaine partagée ; finalement, il n’y a que ça qui compte, période de crise ou non.

Maryline Yanef, animatrice responsable à la Fondation des Châteaux, Goumoens

La priorité de tous les collaborateurs a été la sécurité et le bien-être du Résident.
De ce fait, des mesures sanitaires très strictes ont été prises, bien avant même l’arrêté fédéral.
Pour satisfaire à l’exigence des 2 m. de distances, nous avons aménagé les lieux afin de pouvoir continuer nos activités de l’animation, et ceci, au plus grand plaisir des Résidents.

L’individuel a été privilégié, bien que nous ayons gardé des animations en petit groupe.
La grande chance a été la météo radieuse, qui nous a permis de sortir tous les Résidents dans le parc, pour une balade et le soleil.
Cela a été difficile pour tous, et ce n’est pas fini.

Cela nous a demandé une très grande implication professionnelle et privée, une surcharge de travail, une adaptation de nos horaires, un changement d’organisation, et une grande force mentale afin de garder le sourire et réconforter tous les Résidents qui décompensaient de ce confinement.

Nous nous réjouissons que tout cela se termine, afin de pouvoir enlever notre masque « CACHE-SOURIRE ».