En cette période d’éloignement forcé, chacun a fait preuve d’imagination afin de resserrer les liens qui nous unissent. Cet article réunit les témoignages recueillis, les méditations proposées ou encore les réflexions reçues.

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Message de la paroisse du Talent

MERCI
Au moment de la rédaction de ces articles, nous ne savons pas ce que nous réserve notre lendemain, nous sommes tous dans l’attente d’un jour nouveau, dans l’espérance, sachons être reconnaissants dans le respect et dans l’Amour, amour que notre Seigneur nous donne jour après jour, amour que nous distribuons autour de nous en ces temps où la solidarité est devenue un outil que l’on avait presque laissé de côté… Nous ne dirons jamais assez MERCI à toutes les personnes qui travaillent aux côtés des malades, aux personnes qui font les courses pour leurs voisins, au personnel des magasins d’alimentation, aux dépanneurs dans tous les domaines. A tous ceux qui sont là pour nous, essayons de n’oublier personne, un MERCI de reconnaissance s’envole dans les airs pour vous inonder d’Amour.

 

Texte choisi par la paroisse du Sauteruz

Tous dépendants et… tous solidaires !
« Si la pierre disait : ce n’est pas une pierre qui peut monter un mur… il n’y aurait pas de maisons. Si la goutte d’eau disait : ce n’est pas une goutte d’eau qui peut faire une rivière, il n’y aurait pas d’océan. Si l’homme disait : ce n’est pas un geste d’amour qui peut sauver l’humanité…il n’y aurait jamais d’amitié et de paix sur la terre des hommes. »
Texte choisi par la paroisse du Sauteruz

 

Propos recueillis par Luc Badoux, pasteur à La Sarraz

La vie d’Eliane Bugnon sous l’ère de Covid 19

Comment passent les journées quand on vit seule, que l’on appartient à la catégorie des personnes à risques et que l’on a perdu la vue ?

J’ai posé la question à Eliane et je vous partage son témoignage. Je l’ai reçu comme une ode à la vie. Elle m’a raconté les choses ainsi :

« Chaque printemps, je guette les premiers chants d’oiseaux. Je ne les vois pas, mais je me régale de les entendre. L’autre jour, j’ai entendu un oiseau chanter pour la première fois. Ça venait d’un cèdre à côté de mon appartement. Après l’avoir enregistré, j’ai écouté des chants enregistrés sur un CD et je l’ai reconnu : c’était un Accenteur mouchet. Un oiseau que j’entendais pour la première fois, quelle joie !

J’ai du temps pour jouer de la flûte et répéter certains morceaux. En temps normal, je pratique aussi la danse en cercle. C’est une activité qui me manque beaucoup. Difficile pour moi de ne pas bouger. Alors je me console en allant faire un tour en vélo… sur mon balcon où j’ai installé le vélo d’appartement.

Il reste que cette période n’est pas facile. Une de ces dernières nuits, je ne suis pas parvenue à m’endormir. Je me suis relevée pour écouter un livre audio. Mais je n’y étais pas, je n’ai pas réussi à écouter. J’avais besoin de penser à autre chose, alors j’ai composé dans ma tête une prière pour Pâques. Le matin, elle était toujours là et je l’ai transcrite en braille.

Matin de Pâques, jour glorieux
Christ est vainqueur, victorieux
Le tombeau vide l’a prouvé
La mort n’a pas pu le garder
Elle est vaincue à tout jamais
Christ est vraiment ressuscité
Marie l’a vu, l’a reconnu
Matin de Pâques, jour glorieux
Christ est vivant, victorieux

 

Méditation choisie par la paroisse d’Echallens

Des paroles qui viennent du cœur
L’homme de paix de Nazareth
nous incite chaque jour
à consigner de bonnes nouvelles,
à trouver des mots neufs,
pour dire l’indicible.

Sa sagesse de la vie
se développe au travers de paraboles
qui nous encouragent à équilibrer
action et lâcher-prise
avec une sérénité engagée.

Les paroles qui viennent du cœur
dépassent les langues et les nationalités,
elles parlent de l’âme de la Création
et de la promesse divine :
« Je suis qui je serai ».

Des femmes et des hommes qui ont du cœur,
voilà ce dont notre monde a besoin,
des êtres qui acceptent d’inscrire leur vie
dans la communication non-violente,
en faisant preuve d’humilité combative

Pierre Stutz, extrait du carnet de méditations de la Campagne de Carême 2020

 

Méditation de la paroisse de Vufflens-la-Ville

L’Esprit Saint: WhatsApp avant l’heure ?
Avant, quand la distance nous séparait, il y avait la lettre. Puis, le télégraphe et le téléphone sont apparus. Aujourd’hui, grâce à internet, nous assistons à une déferlante d’inventivité pour nous relier les uns aux autres.
C’est extraordinaire! En cette période de confinement, nous ne pouvons qu’être reconnaissants pour tous ces outils qui nous relient.
Reste une question importante: que véhiculent ces liens? Que faisons-nous transiter par tous ces canaux mis à notre disposition? Car il ne suffit pas d’être reliés les uns aux autres. Encore faut-il que ces liens soient vivifiants.
Nous en avons tous fait l’expérience: il y a des relations futiles, d’autres toxiques certaines bienfaisantes, d’autres stimulantes. Etre reliés, c’est comme plonger ses racines dans la terre: qu’allons-nous y pomper? Qu’allons-nous faire circuler dans nos veines? Nous avons un choix important à faire.
Le jour de la Pentecôte, Dieu a mis en route son réseau de communication avec une idée bien précise: faire circuler une bonne nouvelle qui relèvera notre espoir. La bonne nouvelle de la résurrection de Jésus qui est le prototype de notre propre résurrection.
Le réseau de communication de Dieu est basé sur 2 composantes: les croyants, l’Eglise, qui témoigne de cette bonne nouvelle. Et le St-Esprit, la sève de Dieu, son amour qui circule entre les personnes et qui rend cette bonne nouvelle concrète et compréhensible. Je ne peux que vous recommander de vous brancher sur ce réseau : il véhicule la vie, comme seul Dieu sait la donner.
Laurent Bader