Vendredi 11 octobre 2019

Mort en espace clos (Matthieu 21,33-46)


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Ce titre fait penser à un mauvais polar, mais il retranscrit exactement l'atmosphère de cette parabole et la psychologie des personnages. Le lecteur ne peut que s'identifier au propriétaire de la vigne qui a tout disposé à merveille pour le bonheur et le bien-être des vignerons: il leur confie un merveilleux outil de travail en parfait état de marche. On croit entendre la plainte des parents devant l'ingratitude de leurs enfants: «Après tout ce que nous avons fait pour eux, nous sommes vraiment mal récompensés.» La part du propriétaire ne lui est pas remise, mais ses serviteurs sont pris à partie; ils s'en retournent bredouilles, mais pleins de coups. Le sang versé se substitue petit à petit aux fruits de reconnaissance. Pour les chefs religieux, l'image est limpide: leur peur des foules est le symptôme de leur maladie spirituelle, car ils se sont approprié la religion comme un système qui tourne sur lui-même en vase clos et qui ne dispose plus aux échanges vivifiants ni avec Dieu ni avec les personnes humaines. Le système produit la mort et l'exclusion. N'est-il pas bon de rappeler que la foi n'est pas un rapport de dépendance qui suscite quasi naturellement ingratitude et ressentiment: la foi culmine dans l'amitié qui est reconnaissance de ce qu'on doit à l'autre et aux autres. L'enfant gâté fait place au partenaire.

Yvan Bourquin

Prière: Seigneur, je ne me lasse jamais de parler de ton amour, car plus j'en suis avide, plus j'espère le voir se développer en moi et chasser au loin la peur… (Saint-Augustin)  

Référence biblique : Matthieu 21, 33 - 46

Commentaire du 12.10.2019
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