Qu’il soit lu à haute voix ou raconté autour de la table familiale, joué en saynète devant le sapin ou même envoyé par courrier postal, le conte de Noël est un cadeau à partager!

Couverture du livre La nuit où les étoiles ont basculé

C’était une nuit du milieu de l’hiver, là-bas, au nord du Nord. Quand il fait si froid que même le soleil ne se lève plus et que le jour attend le printemps pour revenir. Sami, un petit gardien de rennes, ne dormait pas. Allongé sous l’abri de peau, il regardait le ciel. Il aimait quand parfois surgissait une aurore boréale, comme si quelqu’un avait colorié la nuit avec un grand pinceau lumineux. Sami remarqua soudain quelque chose d’étrange: les étoiles bougeaient et s’assemblaient en une rivière lumineuse qui se mit à glisser vers l’Est. Sami se leva, s’approcha du vieux renne, le chef du troupeau. Il lui mit la main sur l’encolure et regarda avec lui cet étrange fleuve étoilé. Et soudain, ils furent emportés, lui, le grand renne et tout le troupeau derrière eux. Sami ne lâchait pas le renne qui s’était mis à planer très naturellement dans le ciel. Il ferma les yeux et perdit la notion du temps.

Puis Sami se retrouva à terre, tout en douceur. Il était entouré de moutons qui se mêlaient à ses rennes et, à ses côtés, un berger à peu près du même âge que lui, écarquillait les yeux, bouche bée. Des êtres de lumière, plus beaux qu’il n’en avait jamais rêvé, chantaient dans sa propre langue: « Paix sur la Terre aux hommes de bonne volonté! » Venue d’une maison voisine, il entendit une voix de femme, une douce mélodie. Son compagnon berger prit un petit agneau sur ses épaules et s’approcha.

« Viens, lui dit-il, je veux voir le Messie, le Fils de Dieu. L’ange nous l’a annoncé. » Sami ne savait rien de tout cela mais ne voulant pas entrer les mains vides, il détacha un grelot du collier de l’un de ses rennes et suivit le garçon. Dans l’étable, il faisait chaud. La lumière faisait rayonner les visages, dont celui de la jeune femme qui, d’une main, berçait un bébé couché dans une mangeoire. Le berger s’agenouilla et fit descendre l’agneau de ses épaules. « C’est pour le Roi, dit-il, de la part de tous les bergers. » La femme sourit et regarda Sami. « Et toi, demanda-t-elle, on dirait que tu viens de loin? » Sami était en effet vêtu du costume coloré de son peuple, avec des bottes de feutre et un bonnet à quatre pointes, qu’il s’empressa d’enlever. « Sois le bienvenu, dit-elle. Cette nuit, il n’y a pas de frontières, jamais personne ne sera l’étranger dans le Royaume de cet enfant-là. » Sami, ému, tendit son grelot et l’enfant sourit lorsqu’il tinta. Soudain Sami se réveilla. Il était de retour dans sa tente. Il se leva un peu déçu. Mais quand il s’approcha du troupeau, il vit que le grand renne avait encore comme une guirlande d’étoiles entre ses bois. D’ailleurs, c’est depuis ce temps-là que les rennes savent voler… Mais ça, c’est une autre histoire! Jusqu’à ce qu’il devienne très vieux, Sami, les soirs d’hiver, racontait aux enfants du village l’histoire de la nuit où les étoiles ont basculé. Et sur son visage, à chaque fois, brillait cette lumière inimitable de la crèche…

Anne-Marie Droz est diacre dans une paroisse vaudoise. Elle a écrit ce conte intitulé « La nuit où les étoiles ont basculé », illustré par Adina van Woerden et publié en 2017. Si vous souhaitez offrir la version intégrale illustrée de ce texte à Noël, il en reste quelques exemplaires à l’OPEC.

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